Rédiger pour le web, c’est d’abord comprendre comment lisent les internautes. 15 ans après le premiers opus, le Nielsen Norman Group a récemment publié la 2e édition de son rapport sur la lecture à l’écran.

Pressé·e ? Voici la synthèse de l’article !
Les internautes restent peu nombreux à lire les contenus en entier. Une donnée qui rend le travail du rédacteur / rédactrice web complexe. Une bonne nouvelle : les recettes éprouvées (titraille, puces, gras, illustrations…) font encore leurs preuves aux côtés de petites nouvelles qu’il est bon d’ajouter à sa boîte à outils, comme les mises en exergue de certains éléments.

Qu’est-ce que l’eye tracking ?

Pour concevoir son rapport, le le Nielsen Norman Group a mobilisé l’eye tracking. Cette méthode permet de suivre le regard des internautes sur une interface web.

Elle peut être :

  • quantitative (en agrégeant les comportements d’un grand nombre d’internautes) ;
  • qualitative (en se concentrant sur la manière qu’a un internaute d’accomplir une tâche donnée).
Comprendre le comportement des internautes face à l'écran : le défi relevé par l'eye tracking
Comprendre le comportement des internautes face à l’écran : c’est le rôle de l’eye tracking

Ce qui a été (à nouveau) constaté : les internautes balayent… puis lisent

Les internautes sont peu nombreux à lire les contenus en entier. En revanche, ils / elles sont des adeptes du balayage : ils / elles parcourent rapidement les pages web pour se faire une idée générale de leur contenu.

Ce balayage ne signifie pas que les internautes survolent tout le contenu des articles. Au contraire : cette lecture leur permet de s’attarder sur les points qui retiennent leur attention, en prenant le temps de lire cette fois.

Cette observation renforce la nécessité de quelques fondamentaux de la rédaction web. Par exemple, pour faciliter ce balayage, il est nécessaire d’intégrer fréquemment des intertitres clairs.

Ce sont surtout ces intertitres que le lecteur / lectrice va lire en première intention, lesquels lui permettront donc de trouver plus facilement ce qui l’intéresse au sein du contenu. Autrement dit, plus vos intertitres sont clairs, plus vous avez de chance que votre article soit lu !

Nous ne lisons pas toujours de gauche à droite

Vous connaissez ces gabarits de page (ou de newsletters), avec du texte à gauche et une photo à droite, puis en dessous, une photo à gauche et du texte à droite ? Comme cela, par exemple :

Et bien ces pages, nous les balayons de gauche à droite d’abord, puis l’inverse, puis à nouveau de gauche à droite

En clair, quand nous consultons ce type de mise en page, nous lisons en suivant cette ligne rouge représentée ci-dessous :

Eye tracking et lecture en ligne : l'effet tondeuse à gazon

Une observation qui amène à remettre en question ce genre de format. La lecture est en effet perturbée pour l’internaute. L’exemple ci-dessus est éclairant : par réflexe, l’internaute consulte d’abord l’image avant son explication ! Ce qui nuit à la compréhension du contenu.

Notre regard s’est adapté aux pages web complexes

Il y a 20 ans, les résultats d’une requête sur un moteur de recherche étaient une liste de résultats, avec la publicité isolée sur la colonne de droite. Leur lecture était donc linéaire.

Aujourd’hui, les résultats présentés par Google et les autres moteurs sont plus composites, avec des liens vers des sites web, mais aussi des informations et des fonctionnalités accessibles sur la page. Par exemple :

Eye tracking et lecture en ligne : l'effet flipper

Conséquence : nos yeux s’y comportent comme des balles de flipper. Le tout à une vitesse folle : une des participantes à l’étude a regardé 158 points en seulement 14 secondes ! Une performance « normale » pour un être humain.

Pour autant, la lecture dite « en F » (parce que le regard forme un F sur la page lue), bien documentée dans la première édition de l’étude, n’est pas morte. Ainsi, les articles sur le web continuent d’être balayés (cf. plus haut), ce qui donne cette représentation de la lecture en F.

Les bonnes pratiques pour s’adapter aux modes de lecture des internautes

Même si l’internaute ne vous lit pas en entier, les bonnes pratiques éditoriales visent à malgré tout faire passer votre message. Pour y arriver, une seule solution : faire ressortir ce qui est important.

Retour aux fondamentaux : rythme, intertitres, gras…

La règle de base ne change pas : rythmez votre texte en utilisant des titres, des intertitres, des listes à puces et du gras. Attention : comme le beurre dans les pâtes, il faut en mettre… mais pas trop !

Titres, listes à puces, gras, illustrations : autant de manières de donner du rythme à un texte !
Titres, listes à puces, gras, illustrations : autant de manières de donner du rythme à un texte !

Et quelques recettes supplémentaires

Parmi les éléments éditoriaux qui démontrent leur efficacité à capter l’attention, on peut ajouter :

  • les citations en exergue (qui prennent toute la largeur de la zone de texte) ;
  • les tableaux comparatifs (notamment pour mettre plusieurs offres commerciales en regard) ;
  • les contenus générés par les utilisateurs (par exemple, des avis consommateurs).

Mais attention, les éléments mis en exergue, citations ou publicités, ont tendance à déconcentrer le lecteur : celui-ci risque de reprendre sa lecture en scannant rapidement la suite de votre texte, même s’il en avait une lecture extensive avant !

Ceci dit, commme nous l’avons vu, la grande majorité des internautes balayent les articles. Définir certains éléments en exergue reste donc une bonne pratique puisque cela permet d’accrocher leur attention sur telle ou telle partie de votre contenu.


Vous pouvez retrouver la présentation de l’étude sur le site du Nielsen Norman Group.

Alors, combien de paragraphes de cette page avez-vous lu avec attention ?


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