Les deux géants du web, Facebook et Google, ont récemment fait des annonces assez surprenantes : ils comptent aider leurs usagers à… se déconnecter. Sachant que leur modèle économique repose sur un temps de connexion maximal de chacun, il y a de quoi rester perplexe.

Déconnexion : après le greenwashing, le socialwashing, le techwashing ?

Facebook, on le sait, ça ressemble plutôt à ça, dans les faits (et ce n’est pas le seul, soyons fair play) :

Facebook et la déconnexion : c'est pas gagné (source : Blog du modérateur)

Facebook et la déconnexion : c’est pas gagné (source : Blog du modérateur)

Ces acteurs sont donc passés maîtres dans l’art d’attirer votre attention à tout moment de la journée. Notifications au moindre prétexte, mails quotidiens : toutes les astuces sont bonnes. Et ça ne risque pas d’aller en s’arrangeant : avec l’arrivée des enceintes connectées, ces plateformes ont maintenant pignon sur… votre canapé (entre autres).

Com&Médias pèse les « pour » et les « contre » des enceintes connectées.

Si Facebook et les autres veulent votre attention, c’est parce qu’elle vaut cher.  Le modèle économique de ces plateformes repose en effet sur la publicité. Concrètement, plus vous passez de temps sur un service, plus vous confiez d’informations (la fameuse « data ») sur vous, plus vous êtes exposé·e à un nombre important de publicités… finement ciblées grâce à vos données (on appelle ça un ciblage « granulaire », eh oui). Et la boucle est bouclée.

Le Blog du modérateur a écrit un excellent et court article sur le sujet de l’attention et du modèle économique de nos réseaux sociaux préférés.

Quelles « solutions » proposent les GAFA pour vous aider à vous déconnecter ?

Google et Instagram proposent un tableau de bord, pour que vous y visualisiez le temps que vous passez sur ces plateformes. La palme revient à Instagram, qui vous propose de vous notifier au-delà d’un certain temps passé en ligne, pour que vous pensiez à vous déconnecter.

Chez Android (Google), c’est votre cran qui passera en noir et blanc, si vous le lui demandez, au-delà d’une certaine heure.

Ces belles initiatives masquent cependant une réalité beaucoup moins louable : les mille et une méthodes que mettent en place les géants du web pour nous capturer le maximum de temps de cerveau disponible.

Pourquoi la déconnexion devient une obsession ? Le responsable : le « FOMO »

Le FOMO, ou « fear of missing out« , décrit le mécanisme par lequel ces outils distillent constamment l’inquiétude de manquer quelque chose : un post crucial sur Facebook, la dernière actu sur Twitter, etc. Pour les marques, jouer sur une rareté scénarisée et des promotions (très) limitées dans le temps est devenu un grand classique du genre.

Le FOMO est devenu un vrai ressort marketing, comme le souligne Wikipedia. Et un vrai frein à la déconnexion.

En réaction, des acteurs du monde du tourisme (particuliers qui louent une maison à la campagne, mais aussi professionnels du secteur) ont mis en place des offres de séjours « déconnectés ». En voici un exemple chez Abritel.

La loi a même reconnu le droit à la déconnexion… même si pour son application, vous repasserez. Et c’est Challenges qui le dit.

Le mouvement est tellement prononcé que la déconnexion est devenue (à son tour) argument de vente. Mais pas pour tout le monde :

figurez-vous que pour certains, l' »instagrammabilité » du lieu de leurs vacances pèse dans leur choix.

Et c’est Leclerc (qui vend des vacances aussi) qui le dit répète !

De vraies solutions révolutionnaires : le bureau de Ganesh > Google et Facebook !

Au bureau de Ganesh, on est partisans de moments passés sans Internet. Après tout, se ménager des espaces pour faire autre chose permet de prendre du recul. Voici nos astuces, plutôt révolutionnaires comme vous pourrez le constater.

Pas de wi-fi, déconnexion garantie (et tant pis pour Instagram)

Pas de wi-fi, déconnexion garantie (et tant pis pour Instagram)

Concrètement, on a réduit à la portion congrue les notifications que nos smartphones peuvent nous envoyer (et entre nous, on en a encore bien assez pour nous occuper). L’idée : c’est nous qui choisissons quand ouvrir un réseau social ou une application, non l’inverse.

On a même fait pire : on a désinstallé certaines applications, trop lourdes, trop intrusives.

On utilise aussi fréquemment le « mode avion » de nos téléphones. Et, la nuit, on fait pire : on les éteint. Déconnexion assurée !

Et, entre nous, on n’a jamais rien raté d’incontournable. 😉


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