La vidéo va-t-elle tuer les réseaux sociaux ?

C’est un article du Guardian qui nous a mis la puce au clavier. L’Ofcom, l’autorité qui régule les télécoms au Royaume-uni, a mené une étude sur les plateformes sociales, dont le résultat est surprenant. On vous raconte !

Plus de vidéo, moins d’acteurs

L’essor de la vidéo sur les réseaux a un effet pervers : de moins en moins d’utilisateurs des plateformes sociales y contribuent. Chez les adultes, 49 % publient encore des posts : ils étaient 61 % en 2024 (il n’y a pas si longtemps, donc). Et ils sont aussi moins nombreux à commenter les posts des autres.

Ce qui creuse un écart entre plateformes (ou sections de plateformes) totalement dédiées à la vidéo, comme TikTok ou le flux de reels sur Instagram, et d’autres comme Facebook.

Pourquoi la vidéo est un frein à la prise de parole ?

Parce que les internautes s’inquiètent des conséquences potentielles des vidéos qu’ils pourraient partager sur leurs comptes personnels, sur le long terme. Près de la moitié d’entre eux partage cette crainte. Par exemple, en matière de perspectives professionnelles, ou de réputation.

Relativisons tout de même : les casseroles digitales n’ont pas attendu le tout-vidéo pour s’installer. Les personnalités qui ont longtemps tweeté plus vite que leur ombre le savent bien !

Cette vigilance accrue s’insère d’ailleurs dans une dynamique plus globale, liée à la préservation de la vie privée. Au delà des seules vidéos, les internautes aussi craignent de voir ressurgir de vieilles photos, par exemple.

Elle engendre aussi un glissement vers les contenus éphémères : stories plutôt que posts indélébiles.

Une mauvaise nouvelle aussi pour votre site web

L’exploration de nouveaux sites web a elle aussi chuté : de 70 % en 2024, elle est tombée à 56 % aujourd’hui.

En parallèle, l’usage de l’IA augmente considérablement : 31 % des adultes en 2024, 54% aujourd’hui. Ce qui est un peu paradoxal : les internautes s’inquiètent des conséquences qu’ont les plateformes sociales sur leur santé mentale, or les LLM sont loin d’être toujours des outils épanouissants.

Quelles conséquences pour les organisations ?

Modulez vos attentes en matière d’engagement

Si la vidéo est une pièce maîtresse de votre stratégie sociale, ajustez vos objectifs (et indicateurs) de performance en tenant compte de la méfiance des internautes :

  • pour vos vidéos « on grid », toujours accessibles des années après leur publication, si vous visez de l’engagement, faites simple : misez sur les réactions et sur les questions fermées, pour inciter les internautes à contribuer avec des commentaires qu’ils percevront probablement comme moins risqués
  • si les plateformes que vous utilisez le permettent, privilégiez l’engagement sur vos contenus éphémères, typiquement les stories.

Misez sur le GEO

Puisque les internautes délaissent les sites web pour se tourner vers les LLM, travaillez vos pages web de manière à répondre à des questions fines, voire pointues, que se posent vos cibles. La FAQ (re)devient un incontournable. Vous trouverez d’autres conseils GEO ici.

Faites de vos audiences de vraies communautés

Appuyez-vous sur les centres d’intérêt réels de vos cibles pour créer et faire vivre des espaces d’échanges thématiques (pensez aux groupes d’entraide locaux sur Facebook, aux groupes métier sur LinkedIn, etc.). Ces espaces digitaux ne sont pas nécessairement publics, la prise de parole y est plus facile.

Retrouvez l’article complet du Guardian ici.

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