Quel est le premier critère d’un bon référencement de contenus ? Pour certain·es, la réponse spontanée serait : le nombre de visiteurs. Pourtant, un autre critère s’impose partout : le temps que passent les visiteurs sur chaque page web. Dans un paysage numérique gangrené par la course aux clics, c’est une révolution.

Trop de clics, pas assez de temps

21 juin 2017. La veille de la VidCon, le salon américain consacré à l’industrie de la vidéo en ligne, YouTube organise une réunion avec 30 des plus grands éditeurs de vidéos en ligne. Le sujet principal de discussion : le temps. Pour être plus précis, le temps passé par les internautes sur chaque vidéo. Et pour cause : d’après ces éditeurs, cet aspect a de plus en plus d’importance sur le référencement de leurs vidéos par YouTube.

Dit plus simplement : plus une vidéo sera regardée dans son intégralité, plus son référencement sera bon.

 

Référencement : Facebook vs Youtube, illustration

Facebook et YouTube analysent chacun, à leur façon, le taux de complétion des vidéos.

 

Cet indicateur vise à rendre inefficaces les mauvaises pratiques de certains éditeurs. En effet, certains sont des professionnels de la manipulation du référencement : titre outrageusement pousse-au-clic, description ne correspondant pas à la réalité de la vidéo mais comprenant des mots-clés recherchés, image fixe très aguicheuse, etc. Notez, toutefois, que ces techniques sont en réalité aussi vieilles que le web (et concernent beaucoup d’autres types de contenus).

Le temps passé, une parade du référencement au clic facile

Internet déborde de contenus inutiles. Beaucoup sont soit périssables rapidement, soit totalement creux. S’ils sont mis en ligne, c’est parce qu’ils ont le mérite de générer du clic.

Pour les éditeurs, cela engendre des pages vues supplémentaires et donc une meilleure rentabilité de leur production éditoriale. Si cette industrie peut faire le bonheur des éditeurs, elle parasite l’expérience des internautes. En effet, qu’ils soient creux ou périmés, ces contenus restent en ligne et sont donc référencés par les différents moteurs de recherche. En bout de chaîne, nous nous trouvons tous parasités par des résultats inutiles ou pas adaptés à nos requêtes.

 

Référencement : home page du site Melty.fr, zoom sur les articles payés

Melty, un titre de presse en ligne, est connu pour ses contenus vite faits, vite consommés… et vite oubliés.

 

Tous les formats sont touchés par ce phénomène, aussi vieux, répétons-le, que le web. C’est parce que cette pratique est si répandue que les plateformes d’édition numérique et autres moteurs de recherche réagissent.

Le temps que passe chaque visiteur sur chaque contenu ou page est donc une réponse de ces plateformes à ce parasitage.

Après tout, ces entreprises ont un seul intérêt : que nous restions le plus longtemps sur leurs supports. Or, si l’expérience est trop parasitée par ce déferlement de mauvais contenus, nous irons ailleurs.

Google, Facebook, YouTube : depuis 2012, l’analyse du temps passé se généralise en SEO

L’analyse du temps passé sur un contenu ou une page est une vieille rengaine.

En août 2015 déjà, Google annonçait que le temps passé sur chaque contenu influerait sur son référencement, que ce soit sur YouTube ou pour les contenus textes. En avril 2016, Facebook annonce lui aussi que « l’engagement » ne suffit pas : le temps passé sera dorénavant pris en compte. Et en 2017, les grands éditeurs de vidéos en ligne sur YouTube n’ont qu’un mot à la bouche : le temps passé.

 

Référencement : logo de la VidCon, un salon de la vidéo en ligne

Au salon de la vidéo en ligne le VidCon, les grands éditeurs n’avaient qu’un mot à la bouche : le temps passé (par les internautes sur chaque vidéo).

 

En réalité, le critère du temps pour affiner le référencement remonte à (encore) plus loin.

Dès mars 2012, YouTube commence à le prendre en compte comme critère d’appréciation du référencement de chaque vidéo.

Ce sujet est alors tellement prégnant qu’en 2013, un moteur de recherche entièrement basé sur le temps passé est créé. L’histoire ne dit pas s’il a connu le succès ou non, mais l’innovation dit beaucoup de la tendance.

Pourquoi nos habitudes de productions éditoriales sont bousculées

Nous le disions il y a quelques mois : d’une certaine manière, le web de contenus est entré dans sa 4ème ère, l’ère des contenus denses. L’installation progressive du temps passé comme critère de référencement ne peut que confirmer cette conviction.

En effet, si le temps devient primordial du point de vue du référencement, alors les contenus riches auront plus de succès que les brèves creuses et périssables. 

Bien sûr, tout n’est pas aussi tranché : le nombre de visiteurs par page, le nombre de vues d’une vidéo et d’autres critères (parfois biaisés) continueront de peser dans la balance.

Reste que cette sorte de prime aux contenus denses est une très bonne nouvelle.

Une bonne nouvelle qui doit engendrer une évolution des habitudes de production éditoriale. Ainsi, globalement, en tant que média, vous devriez publier plus de contenus denses que des brèves. En clair, passer du « partout, tout le temps » à une allocation plus fine et réfléchie de vos ressources. Ceci étant dit, cela dépend bien sûr de votre cœur d’activité et de vos objectifs.

Si la tendance générale est bien une prime aux contenus riches, son application reste à mûrir – au cas par cas !


Vous vous posez des questions sur votre positionnement éditorial ? Sur le référencement ? Sur votre production éditoriale et numérique ? On vous écoute et on vous répond rapidement ici ou sur notre page LinkedIn !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer